Cas Pratiques 28 août 2026

SELARL et finance islamique : comment un chirurgien-dentiste optimise son patrimoine de façon halal

Lecture : ~8 min
⚠️ Scénario fictif à visée pédagogique
Ce cas pratique est un scénario fictif à visée pédagogique. Le prénom, la situation et les montants sont illustratifs. Seuls les produits et données financières mentionnés sont réels et issus de notre base de connaissances vérifiée.

Le profil illustratif : Karim, chirurgien-dentiste en libéral

Karim est chirurgien-dentiste installé en libéral depuis huit ans. Âgé de 42 ans, marié, avec trois enfants, il exerce en cabinet individuel sous le statut d’entreprise individuelle. Son chiffre d’affaires annuel s’élève à 280 000 €, pour un bénéfice net avant impôt de 180 000 €.

Musulman pratiquant, Karim refuse de placer son épargne sur des livrets dont les intérêts sont assimilables à du riba, ni d’investir dans des fonds conventionnels non filtrés. Jusqu’alors, ses liquidités dormaient sur un compte courant, sans stratégie patrimoniale définie.

Le problème patrimonial initial

En exercice individuel, la totalité du bénéfice de Karim est imposée à l’impôt sur le revenu dans la catégorie BNC (Bénéfices Non Commerciaux). Avec 180 000 € de bénéfice, il se retrouve largement dans la tranche marginale d’imposition à 45 %, après abattement et déductions diverses.

En pratique, et en tenant compte des cotisations sociales obligatoires des travailleurs non-salariés (URSSAF, CARPIMKO pour les auxiliaires médicaux — ou CARCDSF pour les dentistes), la pression fiscale et sociale totale sur ses revenus les plus élevés dépasse 60 %. Sur 100 € de bénéfice généré, Karim ne conserve donc qu’une quarantaine d’euros disponibles pour investir.

Par ailleurs, il n’a constitué aucune épargne retraite spécifique, et son patrimoine financier halal est quasi inexistant. Il dispose de 60 000 € de liquidités disponibles et souhaite structurer une stratégie sur 15 ans jusqu’à ses 57 ans.

La solution : passage en SELARL

Qu’est-ce qu’une SELARL ?

La Société d’Exercice Libéral à Responsabilité Limitée (SELARL) est une forme juridique réservée aux professions libérales réglementées, dont font partie les chirurgiens-dentistes. Elle permet d’exercer son activité au sein d’une société soumise à l’impôt sur les sociétés (IS), plutôt qu’à l’impôt sur le revenu (IR) en direct.

Ce changement de régime fiscal est la clé de la stratégie de Karim.

Le mécanisme fiscal : IS vs IR

En SELARL, la société paie l’impôt sur ses bénéfices au taux de 15 % sur les premiers 42 500 € (taux réduit PME) et 25 % au-delà. Karim se verse une rémunération de gérant raisonnable — fixée à 80 000 € brut — déductible du résultat de la société. Cette rémunération est soumise à l’IR et aux cotisations sociales, mais dans des tranches bien plus basses qu’avec 180 000 €.

Le solde des bénéfices — après déduction de la rémunération et des charges — reste dans la société et est taxé à l’IS. Voici l’illustration chiffrée :

Élément Avant SELARL (EI) Après SELARL
Bénéfice net 180 000 € 180 000 €
Rémunération gérant 80 000 €
Résultat imposable société ~70 000 € (après charges)
IS sur résultat société ~15 375 € (15% × 42 500 + 25% × 27 500)
IR + cotisations sur rémunération ~90 000 € ~32 000 €
Charge fiscale et sociale totale ~90 000 € ~47 375 €
Économie annuelle estimée ~42 625 €

Ces chiffres sont illustratifs et simplifiés. La situation réelle dépend de nombreux paramètres : structure des charges, statut matrimonial, cotisations réelles, etc. Un expert-comptable spécialisé est indispensable.

La SELARL génère donc un surplus de trésorerie annuel d’environ 42 000 à 45 000 € dans la société, que Karim peut désormais investir de façon stratégique et halal.

Investir les bénéfices de la SELARL de façon halal

1. Le contrat de capitalisation islamique pour la société

La SELARL étant une personne morale, elle ne peut pas souscrire une assurance-vie (réservée aux personnes physiques). En revanche, elle peut souscrire un contrat de capitalisation, qui offre un accès aux mêmes fonds islamiques que l’assurance-vie France.

Karim décide de loger 40 000 € par an dans un contrat de capitalisation souscrit par la SELARL. Le contrat de capitalisation permet d’accéder, entre autres, aux fonds suivants présents dans le catalogue halal :

Avec une répartition indicative 40 % sukuk / 60 % actions islamiques, le rendement moyen attendu du portefeuille se situe autour de 6,5 à 7 %/an (non garanti, à titre illustratif).

Sur 15 ans, avec des versements annuels de 40 000 € et un rendement moyen hypothétique de 6,5 %, le capital constitué dans la société serait d’environ 960 000 €.

2. Le PER Shariah pour Karim en tant que gérant

En parallèle, Karim souscrit, à titre personnel en tant que gérant, un Plan d’Épargne Retraite (PER) alimenté par des versements déductibles du revenu imposable. Il verse 25 000 € par an, dans la limite du plafond épargne retraite (10 % des revenus professionnels, plafonné à 8 fois le PASS, soit environ 35 000 € pour 2024).

Ces versements sont déductibles de son revenu imposable personnel, générant une économie d’impôt supplémentaire estimée à ~9 000 à 10 000 € par an selon sa tranche marginale résiduelle.

Le PER SwissLife (accessible via Lina Finance, avec 0 % de frais de versement et 1 % de frais de gestion annuels) permet d’investir dans les fonds islamiques éligibles, notamment :

À horizon 15 ans, avec 25 000 € versés annuellement et un rendement hypothétique de 7 % (profil dynamique orienté actions islamiques), le capital retraite accumulé serait d’environ 625 000 €.

3. L’immobilier via mourabaha

La SELARL de Karim peut également financer l’acquisition d’un local professionnel via un contrat mourabaha — mécanisme de financement islamique sans intérêt, basé sur une vente à prix majoré. Ce financement lui permet d’être propriétaire de ses murs professionnels sans recourir au crédit bancaire conventionnel à intérêt.

La SELARL verse un loyer à une structure tierce ou amortit directement le bien, selon le montage retenu. Ce point nécessite un accompagnement juridique et comptable spécialisé, notamment via un notaire et un expert-comptable familiarisés avec la finance islamique.

Résultat global à 15 ans : illustration chiffrée

Levier Capital illustratif constitué
Contrat de capitalisation SELARL (ETF/fonds islamiques) ~960 000 €
PER Shariah personnel ~625 000 €
Économies fiscales cumulées (IS + PER) ~780 000 € réinvestis sur la période
Patrimoine financier halal total (illustratif) >1 500 000 €

Ces projections sont purement illustratives. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs. La fiscalité applicable dépend de la situation individuelle de chaque contribuable.

Le rôle de Lina Finance dans la mise en œuvre

Pour la partie assurance-vie et PER, Lina Finance propose des conditions tarifaires transparentes : 0 % de frais de versement et 1 % de frais de gestion annuels, avec 5 arbitrages gratuits par an. À titre de comparaison, d’autres acteurs du marché pratiquent 4,50 % de frais de versement — soit 1 800 € perdus dès le départ pour un versement de 40 000 €, chaque année.

Sur 15 ans et 40 000 € versés annuellement, la différence de frais de versement entre Lina Finance et un acteur à 4,50 % représente 27 000 € d’économies supplémentaires, qui restent investis et capitalisés.

Les enseignements à retenir

Ce scénario illustre qu’il est tout à fait possible, en France, de construire un patrimoine solide, fiscalement optimisé et conforme aux principes islamiques — à condition de structurer sa démarche dès le début de carrière et de s’entourer des bons interlocuteurs.

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